Montréal, dimanche 22 septembre 2019 – C’est à l’unisson que les représentants et représentantes du Conseil national élargi des chômeurs et chômeuses (CNECC) réclament une réforme en profondeur du programme d’assurance-emploi, de façon à assurer de meilleures protections pour le monde du travail.
Pour
mener à bien cette campagne, le CNECC s’est inscrit comme « Tiers »
auprès du directeur des élections du Canada (nº d’enregistrement :
1125-2019-GE-TP-0032), et il déploiera sur l’ensemble du territoire québécois
ainsi que celui du Nouveau-Brunswick, une large panoplie d’outils de
communication et de publicité, dont une pancarte de type électoral, des
capsules vidéo thématiques et une campagne de publicité dans les journaux.
Les
leaders de cette coalition, soit Pierre Céré, porte-parole du Conseil national
des chômeurs et chômeuses (CNC); Fernand Thibodeau, du comité « Aide et
soutien aux travailleuses et travailleurs des secteurs saisonniers de la
Péninsule Acadienne »; Gilles Charland, directeur général de l’Alliance
québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son (AQTIS); Jack
Picard, de la Première Nation Innu de Pessamit ainsi que Marie-Hélène Dubé de
la campagne « 15 semaines, ce n’est pas assez! » et Sylvie Therrien,
fonctionnaire congédiée à la Commission d’assurance-emploi pour avoir dénoncé
le système de quotas, ont insisté en conférence de presse pour réitérer l’importance
des changements réclamés à l’assurance-emploi.
Un programme dépassé par les réalités du monde du travail
Gilles
Charland, directeur général de l’AQTIS, a témoigné que « la main-d’œuvre à statut temporaire, entre
autres les équipes techniques de l’industrie du cinéma, de la télévision et des
nouveaux médias subissent de nombreux problèmes avec l’assurance-emploi, voire
ne réussissent carrément pas à se qualifier. Dans un milieu comme le nôtre où
le travail à la pige est la norme et où la main-d’œuvre doit être disponible à
très brève échéance, et parfois pour des contrats de « travail
autonome », l’assurance-emploi est trop souvent synonyme de casse-tête et
de tracasseries administratives sans fin. En d’autres mots, ce régime de
protection sociale, pour lequel nous cotisons, ne joue plus le rôle qui lui
avait été confié à l’origine. »
Ramener l’assurance-emploi à sa fonction première : protéger les
travailleurs
Pour
la Coalition réunie au sein du CNECC, il ne fait aucun doute que le programme
de l’assurance-emploi doit retrouver sa fonction première, soit celle de
protéger les travailleuses et les travailleurs en leur assurant une sécurité
économique entre deux emplois.
Fernand
Thibodeau, porte-parole du comité des saisonniers de la Péninsule Acadienne,
l’ASTS, mènera une intense activité de campagne, partout au Nord du
Nouveau-Brunswick : « Les
travailleurs et les travailleuses de l’industrie saisonnière sont affectés par
un programme d’assurance-emploi qui est difficile d’accès et qui verse de trop
courtes périodes de prestations, insuffisantes pour des régions où l’emploi est
surtout de nature saisonnière. » Jack Picard, de la Communauté Innue
de Pessamit soulève que les gens de sa communauté vivent les mêmes
problèmes : « Des problèmes
d’accès à l’assurance-emploi, des périodes de prestations très courtes et des
services éloignés de notre monde, méconnaissant de nos réalités. »
Marie-Hélène
Dubé mène depuis 10 ans un combat acharné afin que les prestations maladie
soient bonifiées. « 15 semaines, ce
n’est pas assez pour ceux et celles qui doivent traverser l’épreuve de leur
vie, c’est-à-dire une maladie grave comme le cancer. On doit pouvoir se soigner
dans la dignité! » Madame Dubé rappelle d’ailleurs que le volet
« prestations maladie » créé en 1971 n’a jamais été bonifié depuis lors.
Quand
on compare le programme d’assurance-emploi canadien avec celui d’autres pays
dans le monde, ceux du G7 par exemple, on constate que le nôtre est déficient,
et à caractère arbitraire sur de nombreux aspects : norme variable
d’admissibilité fondée sur le lieu de résidence (le Canada est le seul pays au
monde avec une telle norme), taux et période de prestations faibles, l’un des
pays les plus durs en termes de sanctions rattachées aux motifs de fin
d’emploi. La liste est longue.
Pierre
Céré, porte-parole du CNC, souligne le fait que nous vivons toujours sous le
coup des grandes mesures de compression imposées dans les années 1990 par les
deux gouvernements au pouvoir à cette époque. Depuis 2015, l’actuel
gouvernement a permis certaines avancées partielles, mais il faut aller plus
loin, et repenser le programme d’assurance-emploi, pour qu’il assure de
meilleures protections couvrant l’ensemble des réalités du monde du travail.
Les
différents représentants de la Coalition se sont solidarisés avec Sylvie
Therrien, fonctionnaire congédiée par la Commission d’assurance-emploi et
lanceuse d’alerte, considérée comme une paria pour avoir courageusement dénoncé
le système de quotas mis en place par le Ministère afin de récupérer des sommes
d’argent sur le dos des prestataires de l’assurance-emploi : « On
demandait à chaque agent de trouver le moyen de refuser 485 000 $ de
requêtes de prestations par année. Il fallait trouver des raisons, même si les
dossiers étaient en règle. Mon supérieur me mettait de la pression chaque matin »,
a-t-elle déclaré. Ce système de quotas a été élaboré avec une approche
discriminatoire de profilage et a eu pour conséquence de briser la sécurité
financière de milliers de personnes, sinon leur santé tout cours. Sylvie
Therrien doit être reconnue par le gouvernement fédéral comme lanceuse
d’alerte, et de ce fait dédommagée financièrement pour le préjudice personnel qu’elle
a subi.
Une solide campagne publique
Le
Conseil national élargi des chômeurs et chômeuses (CNECC) mènera campagne pendant
toute la période électorale et ce, dans toutes les régions du Québec et du Nord
du Nouveau-Brunswick, appuyé par des milliers de pancartes et autres outils
publicitaires. Des rencontres ont été demandées avec les chefs des partis
politiques afin de connaître leurs engagements sur le sujet.
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Source :
Conseil national élargi des chômeurs et chômeuses avec
CNC, ASTS, AQTIS, Communautés Innus de Pessamit et de Essipit
Informations :
Pierre Céré, CNC, 514 606-4074
Fernand Thibodeau, ASTS, 514 927-8807