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Vous avez des questions sur votre dossier d’assurance-emploi et l’on ne vous répond pas à Service Canada?

Doit-on être surpris?

La chroniqueuse du Devoir, Manon Cornelier revient ce matin sur les compressions budgétaires imposées par les conservateurs à Ottawa dans son article « Sabrer fait mal ». Elle se réfère, en entre, au Centre canadien des politiques alternatives (CCPA) qui viennent de publier un rapport synthèse.

«On comprend mieux maintenant sa réticence [au gouvernement de publier les impacts de ses coupes] à présenter les choses plus clairement. C’est que le portrait d’ensemble, qui commence à se dessiner, est tout simplement préoccupant. [...].

»[...] le CCPA constate que les services écopent beaucoup plus que ne veut le reconnaitre le gouvernement. Ce dernier prétend encore que le gros des économies sera réalisé du côté de l’administration.

»Ce n’est pas vraiment le cas. Prenez l’exemple du ministère des Ressources humaines et du développement des compétences. Il encaisse la plus importante baisse de personnel avec la disparition de 5700 postes, soit une chute de 24%. Certains programmes seront davantage touchés que d’autres, note le Conseil, dont les services axés sur les citoyens, qui doivent offrir «un service centralisé personnalisé et facilement accessible en personne, au téléphone, par Internet ou par la poste.» ils comptent, au final, sur 2100 employés de moins. [...]

» Tout cela parce que le gouvernement tient mordicus à éliminer le déficit avant les élections de 2015, pas une année de plus tard.  Ayant promis de na pas toucher aux transfert aux particuliers et aux provinces et de ne pas hausser les taxes, ce qu’on ne peut lui reprocher, il effectue des compressions dans ce qui reste, quitte à faire mal sans le dire

 

Source: «Sabrer fait mal», Le Devoir, Manon Cornelier, 10 avril 2013.

 

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Une commission qui arrive à point nommé

par Pierre Céré
Porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC)

 

Le gouvernement du Québec met sur pied une Commission d’examen pour analyser les impacts de la réforme de l’assurance-emploi et y proposer des changements, voire des solutions de remplacement. Nous disons : enfin !

Le gouvernement fédéral n’a jamais consulté les représentants des cotisants avant d’imposer en 2012 cette si brutale réforme. Les organisations syndicales, les associations patronales et autres représentants de la société civile n’ont jamais pu s’exprimer. Pas plus que les gouvernements provinciaux, qui devront pourtant assumer, par extension, la facture de ces compressions.

Le 21 mars dernier, il y a quelques jours à peine, le ministre des Finances, Jim Flaherty, annonçait un nouveau train de mesures, celles-là visant une réorganisation de la formation, passant par-dessus, sinon piétinant, les compétences québécoises en la matière. À droite ou à gauche, le constat est le même : Ottawa ne nous écoute pas.

L’automne dernier, lors d’une tournée d’assemblées publiques tenues à travers le Québec, nous avons été en mesure, et encore aujourd’hui, de mesurer à quel point les gens sont inquiets et préoccupés par ces réformes, combien ils ont besoin de s’exprimer, de faire part de leurs idées. Et elles sont riches et vivifiantes, ces idées.

Le Québec, dans ses multiples composantes, rejette clairement les mesures conservatrices. C’est à ce point que le gouvernement Harper a fait parvenir une lettre circulaire à tous les citoyens québécois pour justifier les « changements à l’assurance-emploi ». Doit-on en rire ou en pleurer quand cette missive prétend que, « tant que les prestataires continueront de chercher un emploi convenable, l’assurance-emploi sera là pour les aider » ? Bien sûr, ils ne nous disent pas que l’emploi convenable est devenu, comme l’indique cet extrait d’une lettre type reçue par un prestataire de chômage, « un travail similaire ou différent, à un salaire plus bas que l’emploi précédent, qui pourrait signifier de plus longues heures de travail ou des heures variées et que l’on doit être disposé à changer de localité pour s’ajuster aux offres d’emploi ». Les citoyens ne sont pas dupes ; ils ont compris que ceux qui imposent ces compressions sont des menteurs.

J’ose dire que l’opposition à la réforme a gagné la bataille de l’opinion publique. Pouvons-nous aller nous reposer ? Jamais, et encore moins maintenant ! Il y a un immense chantier devant nous qui n’est plus du seul camp de la dénonciation mais de celui qui proposera aussi une ouverture, des avenues, des solutions. Voilà où nous en sommes. Où nous en sommes résolument.

Gilles Duceppe coprésidera la Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi… Grand Dieu, si quelqu’un connaît ce programme, et a développé des réflexes au quart de tour sur ces questions, c’est bien lui. Nous avons été en mesure de le constater, et à maintes reprises, ayant collaboré avec le Bloc québécois (comme avec le Nouveau parti démocratique et le Parti libéral du Canada) dans le cadre, par exemple, d’une coalition parlementaire et syndicale, que le Conseil national des chômeurs animait en 2006 et 2007. Des experts de haut calibre viennent ajouter à la qualité de cette commission, des érudits dont la compétence n’est pas à mettre en doute.

La Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi a des responsabilités importantes à l’égard de la population : non seulement comprendre et canaliser les craintes et la colère, mais savoir définir un grand projet rassembleur. Un programme comme celui de l’assurance-emploi est la pierre angulaire de nos programmes sociaux. Cette fondation a été gravement fragilisée par les différents gouvernements fédéraux et il est plus que temps de penser à faire autrement. Et d’agir.

 

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Cet article a aussi publié dans la section «Libre opinion» en page éditoriale du Devoir, mercredi 3 avril 2013.

 

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Le nouveau Tribunal de la sécurité sociale… et des nominations partisanes

La nouvelle est importante et confirme nos pires craintes face à ce nouveau Tribunal de la sécurité sociale qui remplacera, dès le 1er avril,  l’actuel Conseil arbitral et Juge arbitre.

Pour souligner la chose, nous nous permettons de citer sur notre site, deux articles parus aujourd’hui dans Le Devoir et Le Journal de Montréal.

«Le Tribunal de la sécurité sociale recrute chez les conservateurs», dans Le Devoir, Guillaume Bourgault-Côté.

«Pour sélectionner les membres québécois du nouveau Tribunal de la sécurité sociale (TSS, qui entre en vigueur le 1er avril), les conservateurs n’ont pas eu à chercher bien loin : quatre des huit personnes qui jugeront des demandes d’appel des prestataires d’assurance-emploi ont été candidats conservateurs dans un passé récent.

»Le gouvernement a en effet recruté Claude Durand (Trois-Rivières), Alcide Boudreault (La Baie), Pierre Lafontaine (Montréal) et Jean-Philippe Payment (Saint-Jean-sur-Richelieu), qui ont tous été candidats conservateurs lors de différentes élections entre 2004 et 2011. Claude Durand a également été organisatrice en chef du Parti conservateur au Québec (ce que le communiqué de presse du gouvernement précise). Elle avait été nommée en janvier 2009.

»Une cinquième membre, Johanne Blanchard (Saint-Bruno), a fait un don de 400 $ aux conservateurs dans les dernières années. Un autre, Normand Morin (Québec), a pour sa part été candidat adéquiste en 2003. Ailleurs au Canada, le Comité national des chômeurs (CNC) a trouvé une dizaine d’autres cas révélant des liens entre les personnes nommées au TSS et le Parti conservateur.

»Une nouvelle instance

»Le gouvernement a annoncé mercredi la composition du TSS, qui remplacera les quatre tribunaux administratifs qui traitent actuellement les dossiers des pensions fédérales et de l’assurance-emploi. Un total de 74 membres siégeront au TSS, dont la moitié auront pour tâche d’entendre les cas liés à l’assurance-emploi. Ils gagneront entre 91 800 $ et 124 500 $. C’est l’avocate Murielle Brazeau, une haute fonctionnaire de carrière, qui présidera le tribunal.

»Actuellement, plus de 800 membres travaillent à temps partiel pour les quatre tribunaux administratifs qui seront regroupés au sein du TSS. Les audiences du conseil arbitral se font toujours devant un comité tripartite : les employeurs et les syndicats sont ainsi représentés à chaque audience.

»Dans la nouvelle structure — dont Le Devoir avait dévoilé les grandes lignes le 3 décembre dernier —, le processus est complètement différent. Le gouvernement veut officiellement accélérer le traitement des demandes et diminuer grandement le nombre d’audiences en personne. Deux divisions (générale et d’appel) seront créées pour entendre les chômeurs dont la demande de prestations aura été refusée par la Commission de l’assurance-emploi.

»Chose importante, les décisions seront prises par un seul membre, plutôt que trois actuellement.

»Les gens nommés pour le Québec possèdent presque tous une expérience au (bientôt défunt) conseil arbitral de l’assurance-emploi, à l’exception de Jean-Philippe Payment, qui a été directeur général de l’Association des ingénieurs municipaux du Québec.

»Pour le Conseil national des chômeurs, le problème n’est pas tant la compétence des personnes nommées que le fait qu’elles seront dorénavant seules à prendre les décisions. « On avait des nominations partisanes à la Commission avant, c’est connu, dit le porte-parole Pierre Céré. Mais on avait alors un comité tripartite qui permettait de balancer le processus. Là, ces conservateurs vont siéger en solo, et c’est là que le bât blesse. »

 ***
»La Coalition s’élargit

»La Coalition québécoise contre la réforme de l’assurance-emploi s’élargit. Accusée par le gouvernement Harper de ne représenter que des intérêts syndicaux, la Coalition a annoncé jeudi qu’elle s’était adjoint le soutien de plusieurs autres organisations, comme la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et l’Union des producteurs agricoles (UPA). L’organisme Solidarité rurale du Québec a également donné son appui au regroupement. Sa présidente, Claire Bolduc, a toutefois admis que le Québec et le Nouveau-Brunswick n’arriveront jamais à faire bouger le gouvernement Harper sans l’appui des provinces de l’Ouest. « On le sait, il y a des noyaux ruraux en Colombie-Britannique, au Manitoba et en Alberta qui vivent aussi ces problèmes-là, a-t-elle affirmé. On les invite à se manifester et à faire entendre leurs voix haut et fort. » Le regroupement promet une manifestation d’ampleur nationale dans les rues de Montréal le samedi 4 mai prochain. D’ici là, plusieurs actions locales sont prévues.»

Source: «Le Tribunal de la sécurité sociale recrute chez les conservateurs», Le Devoir,  Guillaume Bourgault-Côté, 15 mars 2013.

Dans Le Journal de Montréal, sous la plume d’Olivier Bourque, «Des nominations «partisanes» dénoncées».

«Quatre ex-candidats conservateurs viennent d’être nommés membres du nouveau Tribunal de la sécurité sociale (TSS), l’instance qui remplacera les tribunaux administratifs actuels et qui s’inscrit dans le cadre de la réforme de l’assurance-emploi du gouvernement Harper.

»Des nominations qui soulèvent l’ire d’organisations de défense des chômeurs qui accusent Ottawa de «partisanerie».

»Auparavant, plus de 1000 personnes (souvent des citoyens) siégeaient dans les quatre tribunaux actuels chargés d’entendre les appels relatifs à l’assurance-emploi.

»Mais à l’intérieur de sa réforme de l’assurance-emploi, Ottawa change le processus. À partir du 1er avril, une nouvelle instance regroupera les tribunaux actuels. Seulement 78 membres siégeront à temps plein (d’un océan à l’autre) au Tribunal de la sécurité sociale, la moitié pour la sécurité de la vieillesse, l’autre pour l’assurance-emploi.

»Des proches des conservateurs

»Trente-trois nominations de membres qui siégeront au TSS ont été rendues publiques mercredi par la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences, Diane Finley, dont huit pour le Québec. Mais plus de la moitié de ces nominations visent des gens qui sont proches du Parti conservateur du Canada.

»Quatre sont des ex-candidats du PCC : Jean-Pierre Payment qui avait été défait lors de la dernière élection dans Terrebonne-Blainville, Pierre Lafontaine, autre candidat conservateur défait dans Jeanne-Le-Ber en 2011, Claude Durand qui avait été pour un temps l’organisatrice en chef de Stephen Harper et Alcide Boudreault, ancien candidat conservateur en 2004 dans Chicoutimi-Le-Fjord.

»Un autre membre nommé est Normand Morin, ex-candidat adéquiste, parti depuis avalé par la CAQ qui a longtemps été près du Parti conservateur et Joanne Marcotte, une donatrice du PCC. Certains d’entre eux étaient déjà présidents des conseils arbitraux et avaient été nommés par la ministre, mais ceux-ci ne siégeaient que quelques jours par mois pour quelques centaines de dollars.

»Dans le cadre de leurs nouvelles fonctions, les membres nommés travailleront à temps plein et gagneront un salaire oscillant entre 100 000 à 120 000 $. D’autres nominations restent à venir. Au total, environ une dizaine de membres proviendront du Québec.

»Inacceptable, selon le Comité national des chômeurs

»Pour le Comité national des chômeurs, ces nominations «sont tout à fait inacceptables et scandaleuses».

»«Ce sont des amis du régime, on est dans une filière de nominations partisanes, a affirmé Pierre Céré, porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC) qui regroupe plusieurs organisations régionales de défense. Ça n’a pas de bon sens. Je pense qu’un tribunal doit conserver son indépendance. Le pouvoir judiciaire c’est très délicat. On l’a vu avec la commission Bastarache.»

»«Ce sont des décisions graves, c’est lourd de conséquences, a-t-il poursuivi. Il s’agit d’un cas patent de patronage.» Selon lui, il est d’autant plus étonnant de constater que ces membres n’ont souvent pas de formation adéquate.

»«Ils n’ont souvent pas le bagage juridique pour prendre des décisions, croit M. Céré. Avant, trois personnes étaient dans le processus : l’état, l’employeur et le travailleur. Là, on se retrouve avec une seule personne. Les décisions risquent donc d’être arbitraires. Leur pouvoir discrétionnaire est énorme. Il pourrait refuser de t’entendre.»

»Le CNC s’inquiète aussi du peu de membres qui devront desservir le Canada en entier. «Des régions ne seront plus desservies, a-t-il conclu. C’est dramatique pour toute une partie de la population.»

»Appelés à commenter le processus de nomination, ni l’attachée de presse de la ministre Finley, ni le ministère des Ressources humaines n’avaient retourné nos appels lors de la mise en ligne de cet article.»

Source: «Des nominations «partisanes» dénoncées», Le Journal de Montréal, Olivier Bourque, 15 mars 2013.

 

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Nous sommes tous fraudeurs!?!

Manif du 23 février à Montréal contre la réforme d’Harper dans les rues de Montréal:
entre huit à dix mille fraudeurs!?! Photo: © Dominic Morissette

 

À voir l’attitude des conservateurs, le premier ministre Harper en tête, de même que sa ministre Finley hier en Chambre, nous sommes tous et toutes fraudeurs. Que de préjugés et de mépris pour les 1,5 million de travailleurs qui bon an mal an déposent une demande de prestations d’assurance-chômage au Canada.

L’actualité des dernières semaines semble illustrer que la règle de droit selon laquelle nous sommes innocents jusqu’à preuve du contraire ne tient plus en ce qui concerne l’assurance-emploi.

Nous terminons en citant le dernier paragraphe de l’éditorial de Jean-Robert Sansfaçons dans Le Devoir d’hier, «Assurance-emploi-emploi – Qui est le fraudeur»:

«Personne ne niera l’existence d’individus qui abusent des programmes gouvernementaux et l’importance de punir les fraudeurs. C’est vrai de l’assurance-emploi, mais c’est aussi vrai des programmes de remboursement de dépenses des députés et des sénateurs, ou encore des programmes d’aide aux entreprises. Cela ne justifie pas le harcèlement d’individus sur qui ne pèse aucun soupçon sérieux. A-t-on déjà lâché les chiens dans le monde des entreprises qui réclament à qui mieux mieux des crédits d’impôt à la recherche ? Pourquoi le sénateur Duffy n’a-t-il pas encore été démis de ses fonctions et son collègue, le sénateur Brazeau, privé de salaire après avoir fait, lui aussi, de fausses déclarations de logement en plus d’être accusé de violence conjugale? Tant d’hypocrisie !» [C'est nous qui soulignons.]

 

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Nous vous invitons aussi à lire l’excellent travail que fait le quotidien Le Devoir sur la question de l’assurance-emploi. Ici les références de la semaine:

 

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