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«Le projet de loi C-38 : une loi omnibus qui risque de changer la vie des Canadiens»

«L'après-midi porte conseil», Radio-Canada

À l’émission d’hier de « L’après-midi porte conseil » à la radio de Radio-Canada, Pierre Céré, le porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses, participait à la table ronde de avec Stéphanie Grammond, journaliste à La Presse spécialisée en économie et Roberto Bomba, infirmier clinicien, membre du comité de direction de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec.

Pour entendre ou réentendre cette discussion sur quelques aspects dévastateurs qui nous attend avec l’adoption de la loi C-38 par les conservateurs, visitez les archives de « L’après-midi porte conseil ».

 

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Au passage, nous ajoutons un lien vers une page du même site « Le projet de loi C-38 sur le budget décrié de toutes parts » où plusieurs lecteurs y sont allés de leurs commentaires.

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Filed under Revue de presse commentée

L’étoile jaune pour les prestataires fréquents ou La sous-classe de chômeurs

par Pierre Céré
Porte-parole du Conseil national des chômeurs (CNC)

 

Nous savions depuis le dépôt du budget Flaherty à la fin mars, et donc dans le cadre du projet de loi C-38, que le gouvernement conservateur avait l’intention d’abroger l’article 27 de la loi de l’assurance-emploi ayant trait à la définition de l’emploi non convenable. Ce faisant, il bouleversait tout ce qui encadre et définit la relation de droits et d’obligations entre le prestataire d’assurance-emploi et la Commission. Ainsi, l’emploi « non convenable » qu’un prestataire pouvait refuser sans crainte de perdre « son chômage » deviendrait « convenable », et son refus entraînerait la perte des prestations. On nous annonçait du même coup qu’une nouvelle définition serait inscrite aux règlements de l’assurance-emploi, règlements qui ne nécessitent pas l’approbation du Parlement.

Nous avons l’imagination fertile, je l’avoue, mais jamais nous n’aurions pu anticiper le projet déposé par la Ministre Finley le 24 mai dernier, tant il relève d’un esprit calculateur et pernicieux. Ainsi, on prévoit créer trois catégories de chômeurs, distinguant les « travailleurs de longue date » (ils ont cotisé 7 des 10 dernières années et perçu moins de 35 semaines de prestations), les « prestataires fréquents » et les « prestataires occasionnels » (peu d’expérience de travail), l’une et l’autre de ces catégories ne disposant pas des mêmes droits et n’étant pas soumis aux mêmes obligations.

Les prestataires fréquents sont les premiers stigmatisés parce qu’il ont déposé au moins 3 demandes de chômage au cours des 5 dernières années, ou reçu 60 semaines et plus de prestations. Ils ne disposeront plus, dorénavant, d’aucun délai raisonnable pour chercher un emploi selon leur domaine d’expérience, et ils devront dès la première semaine de chômage élargir leur recherche d’emploi à tous les secteurs, être disposés à accepter un emploi à 80% de leur salaire; 70% à partir de la 7e semaine! La loi qui sera bientôt abrogée les aurait en partie protégés. Ce ne sera plus le cas. Ce faisant 70 ans de jurisprudence s’en vont à la poubelle.

C’est aux travailleurs saisonniers qu’on s’en prend tout particulièrement. Observons qu’ils sont surtout concentrés dans l’Est du Canada, représentant 34% des prestataires d’assurance-emploi au Québec, 46% au Nouveau-Brunswick, 51% à Terre-Neuve, alors qu’ils ne sont que 19% en Ontario, 14% en Colombie-Britannique et 9% en Alberta. C’est comme si l’Ouest déclarait la guerre à l’Est en s’en prenant nommément aux saisonniers.

Cela sans parler de l’abolition des projets pilote mis en place en 2004 et 2005 par Paul Martin (cinq semaines supplémentaires de prestations pour éviter le « trou noir », calcul du taux à partir des 14 meilleures semaines de travail) pour adoucir les effets les plus néfastes des compressions imposées quelques années plus tôt au régime d’assurance-emploi. Ces projets pilote visaient les régions à haut taux de chômage, soit six des douze régions administratives québécoises de l’assurance-emploi. Non seulement, ces régions reviennent à la situation d’avant 2004, mais on y rajoute de nouveaux resserrements visant lesdits prestataires fréquents.

Il y aura, à partir de 2013, des coupes massives de prestations visant les saisonniers mais aussi tous les salariés qui ne travaillent pas à l’année (employés de soutien et de garderie en milieu scolaire, chargés de cours, intermittents du monde du spectacle et du cinéma, etc.). Tout cela affectera à coup sûr leur vie familiale mais aussi l’économie locale et régionale. Rappelons une évidence : les prestations de chômage servent à payer les comptes et l’épicerie. Quel sera le coût humain de ces mesures annoncées et celui sur l’économie des régions et des provinces?

Stigmatiser ceux et celles d’entre nous vivant dans des régions où l’activité saisonnière domine les réalités économiques, leur en faire porter la responsabilité, les discriminer en créant une nouvelle sous-classe de chômeurs appelée « prestataires fréquents », pointer ceux et celles à statut précaire, relève non seulement d’une mesquinerie sans nom mais entraînera des conséquences très graves. En sont-ils conscients à Ottawa? Bien sûr que oui.

 

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Ce texte a aussi publié dans le journal La Presse du mardi 29 mai 2012, sous le titre: «La sous-classe de chômeurs, Le gouvernement Harper stigmatise les prestataires fréquents»

 

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Les conservateurs sont à l’œuvre

par Pierre Céré
Porte-parole du Conseil national des chômeurs (CNC)

Le dernier budget Flaherty vient modifier 60 lois canadiennes différentes. Du presque jamais vu. Et tout cela dans un même projet de loi (C-38), voté à toute vitesse, en imposant le bâillon, et fort d’une majorité gouvernementale. Désespérant. Ces gens sont en train de transformer ce pays, dans ses fondements et dans ses structures. Et l’assurance-emploi n’est pas épargnée dans leurs plans!

Quatre grandes annonces auront des conséquences majeures, dans le sens régressif du terme :

• Non reconduction du projet-pilote, et qui se terminera donc le 6 avril 2013, établissant le calcul du taux de prestations sur les 14 meilleures semaines pour les régions à haut taux de chômage. Ainsi, à partir d’avril 2013, et en suivant les taux de chômage que nous connaissons actuellement, les régions du Bas Saint-Laurent et Côte-Nord, du Centre du Québec et du Nord-Ouest du Québec, verront le calcul de leur taux de prestations établi sur 18 semaines (plutôt que 14), alors que Trois-Rivières passerait à 20 et Chicoutimi-Jonquière à 21 ! Les conséquences pour les travailleurs et les travailleuses de l’industrie saisonnière seront drastiques.

• Abrogation, dans la loi, de la définition de l’emploi convenable et de l’emploi non convenable. Fini le délai raisonnable pour prioriser une recherche d’emploi dans son domaine d’expérience. Fini le fait de vouloir un emploi qui offre les conditions moyennes reconnues dans un secteur de travail particulier et de pouvoir refuser un emploi qui serait en deçà de ces normes. Avec cette refonte, le gouvernement pave la voie au cheap labor et aux coupures à ceux qui refuseraient.

• Abolition des tribunaux administratifs (conseils arbitraux et Juge-arbitre) pour les remplacer par un « guichet unique », le Tribunal de sécurité sociale qui va entendre autant les dossiers de l’assurance-emploi que ceux de la sécurité de la vieillesse. Nous appréhendons le pire.

• Dorénavant, les chômeurs qui occupent un emploi à temps partiel, peu importe le montant, verront la moitié du gain retranché sur la prestation de chômage. Auparavant, il y avait un plancher minimum. Plus de plancher!! Les conservateurs appellent ça une mesure incitative à l’emploi…

Tout cela n’augure rien de bon. Mais surtout, il faut bien comprendre une chose, une chose essentielle : nous ne sommes plus face à un gouvernement minoritaire. Les conservateurs ne reculeront pas et n’entendront pas raison! Cela doit être compris et assumé.

Raison de plus pour sortir de là, rapatrier ce pouvoir et mettre en place notre propre programme québécois d’assurance-chômage, qui protège mieux, et de bonne foi, sa population. Voilà où nous mettrons nos énergies.

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE: Rapatrier au Québec l’assurance-emploi

Montréal, dimanche 29 avril 2012 –  Le Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC) réclame le rapatriement au Québec du régime d’assurance-emploi. Une campagne publique a débuté cette fin de semaine, avec la parution et la distribution de 60 000 exemplaires d’un document venant appuyer la démarche. Il y aura aussi une tournée d’assemblées publiques au cours des mois de septembre et octobre prochains.

Lors d’une conférence de presse tenue à Montréal, ce matin, les leaders du CNC, soient Pierre Céré, porte-parole, et Danie Harvey, membre de l’exécutif, ont dévoilé les principaux arguments, rappelant entre autres que le gouvernement fédéral a failli à ses responsabilités en la matière. Ils ont aussi exprimé l’importance des changements réclamés, tout en soulignant que le Québec possède l’expérience et les infrastructures pour assumer ce programme. Le CNC compte mener une campagne non partisane, s’adressant à la population québécoise et visant cet objectif : rapatrier au Québec l’assurance-emploi.

 

L’ex-actuaire en chef du Programme d’assurance-emploi, Michel Bédard, ainsi que l’économiste Pierre Fortin favorisent cette voie

Étaient aussi présents à cette conférence de presse l’ex-actuaire en chef du Programme d’assurance-emploi, Michel Bédard, ainsi que l’économiste Pierre Fortin. Monsieur Bédard a témoigné du fait que « le régime fédéral est coûteux et mal administré, fondé sur des lois accommodantes qui permettent à ce gouvernement de détourner des milliards de dollars » alors que Monsieur Fortin a souligné que « le transfert à Québec de la compétence fédérale actuelle en matière d’assurance-emploi permettrait une meilleure adaptation du programme aux besoins propres du Québec, moins de complications pour les citoyens et une plus grande facilité d’améliorer constamment le système ».

 

Ramener l’assurance-emploi à sa fonction première : protéger les travailleurs

Des milliers de cotisants à l’actuel régime fédéral d’assurance-emploi, plus de un sur deux, n’ont pas accès aux prestations lorsqu’ils en ont besoin, conséquences malheureuses de règles complexes, confuses et arbitraires. D’ailleurs, les récentes annonces du budget Flaherty en matière d’assurance-emploi vont empirer la situation.

Pour le Conseil national des chômeurs, l’objectif est clair : un programme québécois d’assurance-chômage assumerait sa fonction première, soit celle de protéger les travailleuses et les travailleurs en leur assurant une sécurité économique entre deux emplois.

 

Une solide campagne publique

La présente campagne se déroulera dans toutes les régions du Québec. Le CNC poursuivra, sans relâche et avec la même détermination, cet objectif du rapatriement au Québec de l’assurance-emploi.

« Le constat est simple, et à la fois brutal : le régime fédéral d’assurance-emploi a failli et sa gestion est arbitraire et va contre la population. Le Québec peut, par délégation de pouvoir, rapatrier ce programme. Nous interpellons la classe politique québécoise afin qu’elle se prononce  sur la question », ont conclu les leaders du CNC.

 

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Source : Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC)

Informations : Pierre Céré, 514 606-4074

Danie Harvey, 1 418 436-1436

www.lecnc.com

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